RECHERCHE  
 

Les pompiers sécurisent la façade d'un foyer de travailleurs migrants Sonacotra, le 14 novembre 2010 à Dijon (AFP Jeff Pachoud)Incendie mortel à Dijon : le foyer était-il dans les normes

Le mystère reste entier. Pour l'heure, il reste difficile d'expliquer comment un simple feu de poubelle a pu être à l'origine d'un colossal incendie.

Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 1h 30, un feu de poubelle est survenu dans l'appentis attenant au foyer Adoma. L'incendie s'est propagé de manière fulgurante. Le feu a atteint le neuvième étage de l'immeuble où résidaient 141 immigrés.

Bilan : une façade latérale noire, totalement carbonisée du rez-de-chaussé jusqu'au neuvième étage.

Le bilan humain n'est pas moins déplorable. Sept personnes ont perdu la vie dans l'incendie. Trois Français, deux Sénégalais, un Algérien et un Vietnamien. Six d'entre eux sont décédés par asphyxie et l'autre en tentant de s'enfuir du septième étage de l'immeuble.

130 personnes sont blessées, parmi elles, cinq se trouvent entre la vie et la mort, indique Europe 1.

"L'enquête s'annonce longue et difficile" a indiqué le procureur de la République de Dijon.

En effet, de nombreuses questions subsistent et les policiers expliquent "n'écarter aucune piste", selon le correspondant de RTL.

Où en est l'enquête ? Quelles sont les causes de l'incendie ? Comment le feu a-t-il pu se propager aussi rapidement ? Les sauveteurs ont-ils tardé à arriver ?

Contacté par Le Post, une source proche de l'enquête nous en dit un peu plus.

Le feu a fait quelque 130 blessés légers. Crédits photo : JEFF PACHOUD/AFP1. Les secours ont-ils tardé à arriver ?

Lors de sa visite à Dijon, Brice Hortefeux a tenu à féliciter les pompiers pour la rapidité de leur intervention. Ces derniers auraient mis seulement neuf minutes à intervenir après le premier appel d'alerte.

Mais selon le témoignage de Rémy Kukulinsky, le premier témoin du drame qui s'est joué dans l'immeuble, les pompiers auraient mis bien plus de temps à intervenir, indique Dijonscope. C'est lui qui a été le premier à avoir contacté les pompiers.

Alors qu'il rentrait au foyer, il a été alerté par le feu de poubelle. "J'ai appelé les pompiers à 01h04", affirme-t-il, historique des appels à l'appui. "J'ai appelé quatre fois au fur et à mesure que le feu se propageait" et ce, jusqu'à 01h26, heure à laquelle le colonel Chauvin affirme avoir enregistré l'appel, indique Dijonscope.

Rémy Kukulinsky raconte ensuite sa nuit de cauchemar : le feu qui se répand dans tout l'immeuble, les personnes qui tentent de s'enfuir en sautant par les fenêtres, les cris, la fumée noire...

L’incendie a pris dans le local poubelles situé à l’extérieur pour ensuite embraser la façade. Photo Philippe Bruchot2. La vétusté de l'immeuble pointée du doigt

"L'enquête permettra de déterminer s'il y a un défaut de fabrication dans l'immeuble", nous explique une source proche de l'enquête.

"Pour l'instant, l'immeuble est considéré comme étant dans les normes. Des analyses vont-être réalisées sur le revêtement mural qui s'est enflammé. Cela permettra de savoir si cette propagation rapide des flammes est normale", ajoute cette même source.

"Les équipements incendie, détecteurs de fumée, portes coupe-feu, alarmes incendie, ont fonctionné", écrit Adoma dans un communiqué publié lundi, indique Le Figaro.fr.

 

Adoma ajoute qu'elle "a consacré 1.200.000 euros depuis 2005 à des travaux d'entretien et de mise en sécurité sur le foyer".

Plusieurs témoins mettent en cause la vétusté du foyer. Construit en 1973 dans le quartier de la Fontaine-d'Ouche, le foyer Adoma de Dijon haut de neuf étages peut accueillir près de 190 résidents. Les chambres mesurent entre 4m² et 12m².

"Ce bâtiment vieillit mais il n'est aucunement insalubre", affirme un résident.

Pourtant, selon les informations du Parisien, le dispositif anti-incendie serait défectueux, ce qui expliquerait la propagation rapide de l'incendie. "Dans une telle configuration, je me suis toujours dit qu'en cas de feu, les gens pourraient se retrouver piégés", lâche un salarié d'Adoma.

Par ailleurs, le gardien de nuit, chargé d'assurer la sécurité des résidents, doit jongler entre plusieurs résidences. Il n'était donc pas présent au foyer Adoma au moment de l'incendie.

L'incendie a également fait 130 blessés légers, pour la plupart intoxiqués, tous transportés dans les hôpitaux de l'agglomération. Les moins touchés sont progressivement sortis pour rejoindre en bus le Palais des Sports de la ville, où a été installé un site d'accueil. Source : Le Point3. Piste criminelle ou piste accidentelle ?

Pour l'heure, toutes les pistes sont envisagées par les enquêteurs. "L'incendie peut aussi bien être criminel que accidentel", explique au Post une source proche de l'enquête.

"C'est possible qu'un simple mégot ou le contenu d'un cendrier soit à l'origine du feu", nous rapporte cette même source.

Toutefois, Rémy Kukulinsky apporte un témoigne troublant concernant l'incendie : "J'ai vu un conteneur à poubelles brûler, puis j'ai entendu un boum et toutes les autres poubelles ont pris feu. Il y a eu un deuxième boum et les flammes sont montées très très haut."

"Ces explosions peuvent être dues au contenu des poubelles. Par exemple, si une bouteille de White Spirit se trouvait parmi les déchets, il est probable qu'il y ait eu de telles explosions. Nous allons regarder ce qu'il y avait dans ces poubelles", explique au Post une source proche de l'enquête.

Source : Le Post